122 KM LE TOUR DE L’ÉTANG DE BERRE, UN RÉEL EXPLOIT

122 KM LE TOUR DE L'ÉTANG DE BERRE, UN RÉEL EXPLOIT

Ils avaient fortement apprécié la première édition, en 2023, du Grand tour de l’étang de Berre mais étaient restés sur leur faim car ils n’avaient fait que le demi-tour, dans sa version Marignane – Miramas.

Ils s’étaient dit : « Rendez-vous l’an prochain et ce sera 122 kms ou rien ».Les voici, ces adhérents des Foulées Pélissannaises, réunis le samedi 27 avril à 4h00 du matin au Domaine de Cabasse à Miramas pour prendre le départ du Grand tour, et comme promis dans sa version « Ultra ».

122 KM LE TOUR DE L'ÉTANG DE BERRE, UN RÉEL EXPLOIT

Trois adhérents de notre association ont bouclé le Grand Tour de l’Etang de Berre
Ils avaient fortement apprécié la première édition, en 2023, du Grand tour de
l’étang de Berre mais étaient restés sur leur faim car ils n’avaient fait que le
demi-tour, dans sa version Marignane – Miramas.
Ils s’étaient dit : « Rendez-vous l’an prochain et ce sera 122 kms ou rien ».Les
voici, ces adhérents des Foulées Pélissannaises, réunis le samedi 27 avril à
4h00 du matin au Domaine de Cabasse à Miramas pour prendre le départ du
Grand tour, et comme promis dans sa version « Ultra ».
4h01, la ligne de départ franchie dans une ambiance déjà très sympathique et bien sûr très sportive,
les voilà lancés dans cette aventure qui va occuper tout leur week-end.
Les premiers kilomètres vont s’enchainer au milieu de la cinquantaine de marcheurs à un rythme d’environ
5 km/h.
Pour certains les premières ampoules font très vite leur apparition et laissent penser que le chemin sera
long. Dès les premiers kilomètres des petits groupes vont se constituer et cette marche sportive prend
une allure très conviviale ou des inconnus commencent par d’échanger quelques mots, des conseils, des
encouragements puis tout naturellement progressent ensemble en mutualisant leurs connaissances pour
rendre l’effort le plus supportable possible.
Le tutoiement commence à remplacer le vouvoiement. On se promet de désormais se suivre sur Strava.
Les bulletins météo annonçaient le pire mais cette première longue matinée échappe à ces prédictions.
Le premier ravitaillement de La Fare les Oliviers est atteint. C’est l’occasion de recharger les batteries, de
soigner les premiers bobos et surtout de rencontrer des équipes de bénévoles qui débordent de
gentillesse et de dévouement. Saucisson, cake, barres de céréales et autres remontants engloutis, tout le
monde reprend la progression avec toujours cet objectif : Marignane !
Velaux, Rognac puis le plateau de Vitrolles et un vent maintenant fort
qui demande un peu plus d’effort ; mais les kilomètres s’enchainent,
l’enthousiasme ne faiblit pas.
Relais de chasseurs : enfin ! Tout le monde est content de trouver ce
deuxième ravitaillement et ces bénévoles qui participent à nos
efforts par leurs encouragements et leurs sandwichs au saucisson à
l’ail au gout unique.
Pas question toutefois de trop trainer car le vent et l’envie d’arriver à Marignane le plus vite possible pour
pouvoir récupérer avant d’enchainer la deuxième partie de ce tour sont pressants.
Encore quelques encouragements des bénévoles et les participants reprennent la marche avec
malheureusement pour certains, compte tenu des efforts déjà fournis et des petites blessures de plus en
plus douloureuses l’idée d’abandonner.
L’allure reste bonne, les prévisions sont tenues mais la fatigue commence à se faire sentir et demande
plus de concentration : Vitrolles, L’Anjoly, Les Pennes Mirabeau, Le Pas des Lanciers…
Le Groupe s’accroche et commence à lancer le compte à rebours : « Combien encore de kilomètres avant
Marignane ? »
Ca y est ! Une partie du job est bouclée, le gymnase Saint Pierre est atteint. Il est 19h30, il va falloir gérer
la récupération après plus de 15 heures d’effort. Chacun sa recette mais là encore les bénévoles sont aux
petits soins de tous les concurrents.
Douche, Ostéo, repas, boissons chaudes, sieste, ampoules percées ou pas…c’est le cocktail de tous nos
marcheurs. Les coureurs des Foulées Pélissannaises n’y manquent pas et sont déjà prêts à affronter la
deuxième partie de la randonnée.
Minuit approche, les sacs sont bouclés, tenues de pluie à portée de main car il est prévu une dégradation
du temps dans la nuit. On verra bien. Chaque concurrent a sa propre météo et il peut fortement pleuvoir
dès minuit ; trois heures, cinq heures…dans tous les cas il pleuvra, il y aura du vent et il faudra encore
parcourir 56 kilomètres pour être finisher.
C’est reparti. De nombreux abandons parmi les inscrits sur le tour complet ont touché le moral du groupe
mais heureusement une centaine de participants pour la deuxième partie du tour vient redynamiser tout
ce petit monde.
Le petit groupe des Foulées malgré ampoules, mollets douloureux… est présent au complet pour ce
nouveau départ. Les quelques heures de repos ont fait leur effet ; la motivation n’est pas altérée.
C’est reparti ; le rythme s’accélère, dopé par ces marcheurs frais et pressés de s’élancer sur les chemins,
le vent qui n’invite pas à flâner, les longues lignes droites jusqu’à Chateauneuf Les Martigues… On veut
boucler la boucle au plus vite.
Et la pluie est bien au rendez-vous…. La nuit, la pluie, le vent, la fatigue des kilomètres parcourus, les
ampoules supposées soignées qui font à nouveau souffrir : « qu’est-ce qu’on fait là ! »
On s’accroche : objectif Martigues et kilomètre 25 le ravitaillement estimé vers 5h00 du matin qui devrait
aider à finir cette nuit mouvementée. On sent qu’il va y avoir des abandons mais il faut résister et tenir.
Martigues, enfin ! Kilomètre 25, enfin ! Mais pas de ravitaillement. Erreur de préparation car l’année
dernière c’était kilomètre 25 mais cette année ce sera kilomètre 28. Ces 3 kilomètres jusqu’à ce point de
rassemblement vont paraitre interminables. « Qu’est-ce qu’il est attendu ce café du petit matin ».
C’est dur, les abandons s’enchainent et ceux qui poursuivent constituent des groupes pour marcher et
mieux supporter ensemble. Ce n’est plus uniquement les Foulées Pélissannaises, c’est un groupe de
marcheurs qui progresse pas à pas vers l’arrivée.
Les balises sont là mais la fatigue fait que parfois on ne les voit pas. On se trompe, des doutes s’installent
entre les données cartographiées et le balisage…Fatigue tu nous tiens, les idées sont moins claires, le
manque de sommeil commence à se faire sentir. Mais les kilomètres s’enchainent. Ils sont chaque fois
plus durs, mais la progression est là. La progression est là comme la pluie, le vent et nouvelle invitée : la
boue !
La progression vers Istres puis Miramas dans la boue se fait par moment en mode patinage entrainant de
belles chutes et des rires autant liés à la situation qu’à la fatigue qui gagne elle aussi du terrain. Les
chaussures sont de plus en plus lourdes et il devient de plus en plus difficile d’enlever la boue collée aux
semelles.
Ce n’est pas grave, les kilomètres s’enchainent et tout le monde ne pense qu’à arriver. Les estimations
fusent et sont malheureusement corrigées car la progression devient plus lente que prévue. Décaler
l’estimation de l’heure d’arrivée attaque le moral mais ne fait pas baisser les bras. Pieds, mollets, muscles
font mal mais le petit groupe continue sa progression. Moins de bavardage. Ne plus réfléchir, détacher le
cerveau de son corps car le corps dit qu’il a mal alors que le cerveau adore ce moment de plaisir par
l’effort.
On y est ; Miramas le Vieux est en vue… En fait on y est presque. Plus précisément on pense y être mais les
derniers kilomètres paraissent et sont interminables, la pluie et le vent ont fait place à la chaleur. On a
hâte de franchir la ligne d’arrivée. On rêve d’apercevoir l’entrée du Domaine de Cabasse.
On approche et on s’énerve car la concentration n’est plus là et on commet des erreurs de parcours.
Passer par Miramas le Vieux ne voulait pas dire monter jusqu’au Qillé et après presque 120 km de marche,
rajouter des montées inutiles ne fait plaisir à personne.
Ce n’est pas grave. On arrive. Les amis des Foulées sont venus à notre
rencontre, on est aussi contents de les voir que de savoir que l’arrivée
est là. Faire les derniers mètres en compagnie de ces amis du club qui
ont partagé nos efforts en suivant tout au long de ce week-end notre
progression fait chaud au cœur et déclenchent quelques larmes de
bonheur.
Ça y est la ligne d’arrivée est franchie, les 122 kilomètres sont validés.
La médaille est autour du cou ; une séance photo avec tous nos proches
et ceux qui ont partagé ces kilomètres va immortaliser cet évènement.
On est heureux, fiers aussi.
Une bière, un repas ensemble et les projets déjà commencent à fuser : « et si on se le refaisait à vélo ? et si
on revenait l’année prochaine pour le faire en courant ? »
C’est ça la magie du sport, et des associations comme les Foulées Pélissannaises constituent de
véritables moteurs pour ce type de magie.
On l’a fait, d’autres membres ont pris autant de plaisir sur le Trail des Costes, certains ont continué à
s’entrainer pour préparer ensemble de nouveaux challenges.
Récupération obligatoire mais très vite on va se retrouver à l’entrainement pour continuer à partager ces
bons moments et en préparer d’autres. C’est ça les Foulées.
Philippe DALICHOUX